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Un banc Le banc est seul. Le couple mort aux moments doux Etait assis, survolant le passé, corps mous Regardant les oiseaux et les papillons mauves Les arbres, les vaches, les prés et les champs chauves
Les tons de mots dans la douceur sont pour le point Ou pour la profondeur des verbes en refrain Les sentiments, les âmes sœurs aux romantiques Pieds croisés, reliques des temps mélancoliques
Le baiser s’envole parmi les papillons De ci de là, le vent avec ses tourbillons Le banc est seul. Ses pieds sont recouverts de mousses Et ses couleurs ternies donnent de grandes frousses
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Le petit caillou qui
voyageait Voici un beau caillou largué dans les bas fonds D’un envol, flagellation de l’air par la main Il pourrait heurter un poisson oiseau mouchant Mais il fend l’air au dessus du sol de rivière
Il pourrait atteindre le trépas des profonds En ricochet bouclant sur l’eau sali du pain Et ce petit rocher est fini en sombrant, Pour un milliard d’années, sur le lit en civière
Jusqu’au jour où un petit enfant le prendra Choisi parmi d’autres, il lui redonnera La vie pour un envol, un instant mu en l’air
Il a eu son utilité comme un éclair
Alain Chateau
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Cléopâtre Voici le nez de Cléopâtre à ma voiture Mais j’ai perdu la clef des mots de ma serrure Ses ceintures, chastes à moi, sont dérobées Par l’aventure aux mains naines none enrobées
Cette clique à qui elle a offert sa peinture, Je suis pris, belle peau dans la caricature D’un géant miniature aux oreilles cachées J’aimerais les tuer aux murs des mains sacrées
Mais ta voix me ramène au ciel, beau bleu rideau Du présent aphone, j’extirpe le ciseau Du cadre de l’oubli et je vogue aux soucis
Cécile est à des mains liées à mon destin O cruauté, miroir bagué, un grand festin Dans nos maisons. Et notre âme est comme un taudis
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