Poèmes

Déjà si loin

Comme il semble lointain ce petit enfant,
Où je dérangeais un lièvre dans son gîte
Quand jeune écolier galvaudant dans les champs
J’allais cueillant, dans les bois des colchiques.

Le ruisseau a grossi sous les récentes pluies
Les feuilles prennent de jolies teintes pourpre
Des brindilles volent. Voici bientôt la nuit
Sous le souffle du vent, les roseaux se courbent.

Des nuages défilent dans le ciel.
Aujourd’hui le temps passe … plus vite
Là-haut passe un vol d’hirondelles
Ma marche a ralenti … j’hésite …

Doucement je me sens soudain vieillir
Quand au coin du feu, je mange ma soupe
Aujourd’hui, place au temps des souvenirs
Sera-t-elle encore loin … ma route …


Raymonde Faux Fauvé
Novembre 2003
 
Un soir de soleil couchant

Il y a longtemps que j'ai abandonné
Père, mère, famille, amis
Pour partir au-delà des mers bourlinguer.
Mais ce matin loin d'eux je m'ennuie.


A vingt ans, j'ai voulu changer de décor,
Sans bagages loin au hasard dans le monde,
Vivre mes rêves dorés d'enfant qui dort.
J'avais l'âme de l'oiseau qui vagabonde.

Mains dans les poches, j'ai respiré
Le souffle brûlant du vent sur les dunes,
Sur les mers, j’ai subi les alizés,
Chahuté des filles blondes ou brunes.

J'ai goûté sur les marchés des fruits colorés,
Découvert des odeurs épicées de safran,
Visité des musées, églises ou mosquées.
Aujourd'hui je ne rêve plus comme l'enfant.
Je reprends enfin le chemin du retour,


Retrouver mes parents, mon pays verdoyant
Revivre dans la France de mes amours,
Poser mes valises un soir de soleil couchant.

Raymonde Faux Fauvé
Novembre 2003
Vous retrouverez ce poème illustré dans L'Asquinois taquin n°9

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